Appel à une vigilance citoyenne

Appel à une vigilance citoyenne : Contre l’installation d’une salle de shoot, 39 bd de la Chapelle

Suite à la réunion publique du 11/06/2013 organisée par M. le Maire, en présence des autorités compétentes (Agence Régionale de Santé, Préfecture de Police, Associations, conseillers d’arrondissement de tous bords, Conseillers de Paris) et en présence d’invités ayant pris part au projet « Quai 9 » depuis plus de 12 ans à Genève (quartier de la Gare internationale de Cornavin), l’association VGNE se fait l’écho des inquiétudes et de l’angoisse que ce projet soulèvent tant sur le fond que sur la forme, auprès des riverains immédiats du 39bis Boulevard de la Chapelle comme des habitants des quartiers des Gares du Nord et de l’Est.
PHOTO 10 S.C.M.R 39Par ailleurs, la SNCF et l’AP-HP ont brillé par leurs absences alors même que l’intégration de la salle soit dans l’enceinte du futur grand Lariboisière soit rue de Maubeuge (à proximité de bureaux SNCF) ne sont pas étudiées par la Mairie qui a pris sa décision sans concertation avec les riverains, comme pourtant annoncé en Conseil de Paris.

Nos convictions :

  • Le problème de la toxicomanie est très présent dans le quotidien des riverains de l’Hôpital Lariboisière (rue de Maubeuge, Patin, Ambroise Paré et alentours) et cause aujourd’hui de nombreux désagréments
  • L’aide aujourd’hui fournie aux toxicomanes du quartier, souvent précaires, étrangers, polytoxicomanes à base crack, donc totalement exclus, est insuffisante malgré l’action courageuse des associations en lien avec le thème de la prévention et de la réduction des risques liés à la drogue dans le quartier
  • L’initiative de la Mairie est précipitée et apparaît d’emblée insuffisante face à la prolifération des nuisances à l’ensemble de l’arrondissement
  • Le projet de renouvellement urbain dans lequel la SCMR s’inscrirait (rénovation de l’Hôp. F. WIDAL, notamment) reste flou et méconnu des habitants
  • Enfin, l’ouverture d’une telle salle va démultiplier les points de consommation dans le quartier, les vendeurs et toxicomanes opérant autour de Lariboisière n’ayant pas de raison de se déplacer vers la salle (sauf périmètre de « sûreté » offert par la Circulaire Guigou ?!)

Notre opinion : un projet imposé, brutal, sans concertation aux contours flous et anxiogène pour la population.
Pour la salubrité et la sécurité du quartier comme la santé des toxicomanes, il faut agir ! On nous annonce que le problème s’accroit depuis 2006 – 2007 : qu’on fait les responsables publics depuis lors ?

  • Nous nous prononçons pour la prise en charge globale – sanitaire et médico-sociale de ces toxicomanes par une équipe spécialisée suivant le plan initial de Gaïa ;
  • Mais nous exigeons en contrepartie que les promesses faites aux habitants deviennent des décisions préalables à tout engagement des travaux ! Et nous nous réservons le droit de nous opposer par tous les moyens associatifs et législatifs légaux à une ouverture au 39bis Boulevard de la Chapelle d’une SCMR qui ne réunirait pas ces conditions.

On nous annonce cette ouverture à l’automne mais aucune des exigences préalables que notre association a soumises aux autorités par courrier comme celles posées par M. le Maire lui-même ne sont réunies du côté des ministères de tutelle :

  • force de police dédiée au quartier des deux gares ;
  • lutte renforcée contre les trafics en tous genres ;
  • aménagement du lieu pour sécuriser les riverains ;
  • prévention dans les écoles de l’ensemble de l’arrondissement
  • obligation progressive des toxicomanes à aller vers des traitements et la réinsertion, et pas une simple « incitation » aux soins (à l’image de la structure ouverte en plusieurs étapes à Vancouver, si souvent citée en exemple par la Mairie)

Les conditions de réalisation du projet lui-même ne sont à ce jour ni transparentes ni suffisantes :

  • les usagers auront-ils une carte pour être reconnus des travailleurs sociaux et de la police ? serons-nous ainsi protégés contre l’effet report craint par la Préfecture de police (= afflux de toxicomanes et de vendeurs) ?
  • quel traitement pour la consommation de rue ? renforcement de la répression ou tolérance actuelle ?
  • quel budget ? la présence médicale promise par Gaïa sera-t-elle assurée avec un budget qui reste aujourd’hui inconnu ?
  • que fera Gaïa des utilisateurs de crack, majoritaires dans le quartier, et qui sont tous armés d’une lame ?
  • quels seront les indicateurs de suivi du projet ? Quels chiffres à ce jour nous permettant de comparer la situation avant et après ? Sur quelle base sera-t-il décidé de continuer (et d’étendre à d’autres quartiers et/ou villes) ou d’arrêter le projet ?
  • qui assumera la responsabilité finale des incidents qui surviendront ? Les usagers qui peuvent être jugés irresponsables (incapacité mentale due à la drogue) ou les pouvoirs publics ?
  • et enfin, que feront les toxicomanes une fois la salle fermée, à un horaire qui ne semble pas adapté à leurs habitudes de consommation (ouverture prévue : 14h00 / 20h00)

Assez de promesses ! Nous demandons des réponses !

Notre position : Réalisme, humanisme et pragmatisme
Réalisme car le problème doit être traité dans nos quartiers et ne rien faire ou laisser les toxicomanes en errance accroît également la violence de rue, dans les cages d’escalier ou les lieux publics utilisés aujourd’hui comme salles de shoot

Humanisme car c’est une valeur essentielle de notre association laïque, apolitique, indépendante et non- partisane. Ces toxicomanes en souffrance doivent et peuvent être aidés et orientés vers des structures de soins si ce lien est garanti par Gaïa au sein des hôpitaux du quartier

Pragmatisme car nous sommes prêts à étudier un projet qui offre l’ensemble des garanties préalables à l’ouverture de la salle et à impliquer nos membres dans une démarche ouverte envers Gaïa et les usagers.
Mais ce n’est pas le cas à ce jour, au lendemain de la seconde réunion publique en Mairie !
Et nous ajoutons donc aux promesses et aux « exigences exprimées » que soient respectés et développés nos quartiers afin d’y vivre, d’y travailler et d’y élever nos enfants dans un climat serein, ouvert et respectueux.

Nos exigences :

  • Etre associé en tant qu’acteur de la vie de nos quartiers à la mise en place et au suivi du projet
  • Mise en place de nouvelles forces de police et d’un dispositif dédié tel qu’annoncé, non pas pour le seul Boulevard de la Chapelle mais pour l’ensemble des quartiers compris entre La Chapelle – Lariboisière – Faubourg Poissonnières – Saint-Laurent – Récollets – Louis Blanc
  • Renforcement des moyens alloués à la salubrité publique : nettoyage ; ramassage des seringues dispersées aux alentours – propreté des rues et de l’espace public
  • Organisation dès la rentrée d’actions de prévention dans chaque école et établissements d’enseignement, publics et privés, a minima trimestrielles, et faisant intervenir policiers, travailleurs sociaux et, pourquoi pas, usagers de la salle prêts à témoigner
  • Proposition de projet d’aménagement et de renouvellement urbain, de La Chapelle à Gare de l’Est, parents aujourd’hui pauvres de l’essor de notre arrondissement
  • Préservation d’un tissu économique divers et arrêté municipal permettant de le développer en prise directe avec les besoins des habitants
  • Développement de la vie et des échanges multiculturels entre communautés et habitants pour rompre un silence qui deviendra plus pesant avec les problématiques liées à la drogue, que ce projet importe, notamment dans Little India.

Car OUI, le Xème, notre arrondissement, aujourd’hui attire : commerçants, jeunes couples primo-accédants avec enfants, entreprises innovantes, populations étrangères s’installant à Paris … au centre des quartiers Louis Blanc / Canal St Martin, République / Marais, Rue Lafayette et Faubourgs, n’abandonnons pas le 39bis et ses alentours ! Et quels atouts d’avoir les plus grandes gares d’Europe pour le développement de la mobilité de ses utilisateurs et de nos talents !

M. le Maire,

Mesdames et Messieurs les Ministres de la Justice, de la Santé, de l’Intérieur,

M. le Premier Ministre,

Ne gâchez pas ce potentiel pour une mesure qui aujourd’hui, n’offre pas les garanties nécessaires et suffisantes de son succès ! Prenez le temps de réunir les éléments, prenez les décisions attendues par la Mairie, le milieu associatif et les habitants, et réévaluer la pertinence du lieu pour protéger les riverains des 37 et 39 Boulevard de la Chapelle et ceux de la gare du Nord !